Grand Duc 2014

Publié le par Alex

Après des heures d’entraînement partagées, j’ai réussi à convaincre Steve, sans avoir trop à le forcer, de participer au Grand Duc en duo avec moi.

 

Cette année, c’est autour de Saint Pierre d’Entremont que la course à la chouette prend place. Malheureusement, la météo annoncée pour le dimanche va forcer les organisateurs à modifier le parcours afin d’éviter des passages dangereux. Le parcours s’en trouvera donc rallongé sur certaines portions.

 

a 

A 6h, et sous le déluge, le départ est donné pour les 76 duos. La pluie ne fait pas peur à Steve qui montre rapidement ses semelles à l’avant du peloton.

Pendant qu’il fait l’effort, Noémie et moi allons le suivre en différents points de passages, pour à chaque fois l’encourager, sans jamais avoir à beaucoup attendre puisqu’il est toujours dans les 3 premiers, jamais loin de la tête de course.

 

b

Pour terminer le suivi, nous nous rendons au Désert d’Entremont où il va devoir me passer le relai. La pression monte !

Et vers 10h55, le premier duo arrive. Moins d’une minute après, Steve pointe le bout de son nez en 2e position ! Il a réalisé une course extraordinaire et me met une pression de fou car je ne m’attendais pas vraiment à ça !

 

c

Bien motivé, je pars donc sur un rythme très rapide. Par chance, la pluie s’est arrêtée, mais les chemins restent bien boueux. Je double régulièrement quelques solos, partis eux à 5h du matin pour le même parcours. Ils m’encouragent tous d’un mot sympa !

 

Après ces 5 premiers kilomètres vallonnés, je m’attaque alors à une bonne montée de 500m d+ direction le sommet du Mont Joigny. Je double encore un solo qui m’encourage en me disant que je suis premier duo, alors que je pensais être 2e. J’apprendrai plus tard que je l’avais en fait doublé avant lorsqu’il posait sa veste, mais je pensais que c’était un solo

 

Dans le brouillard, il fait plutôt frais et la vue est inexistante au sommet ! Dommage pour les bénévoles que je salue, mais moi, je ne m’attarde pas et me lance dans la descente.

Les jambes vont bien et je m’amuse, sans prendre trop trop de risques non plus !

 

Je rejoins alors une petite route. Mais après un moment, je ne vois plus de rubalise. J’insiste un peu, mais au carrefour d’après il n’y a rien. Je décide donc de faire demi-tour. Je croise un solo en sens inverse, qui repart avec moi. « Là là, à gauche, c’est pas une rubalise ? » Ah si… Je l’aurais même loupée une 2e fois sans son aide ! Merci !

Il faut dire que le balisage est un must pour les daltoniens…

Je repars bien énervé, car je ne sais pas si je me suis fait doubler ou pas. Après analyse de la montre, j’ai perdu 1km et 4m30s dans ma bêtise !

 

d

Un peu plus loin, dans Entremont le Vieux, je retrouve Noémie et Steve, maintenant en mode coach-suiveur-spectateur. Ils m’annoncent que je suis 1er. Ouf, je n’ai pas dû trop perdre !

 

Un peu plus loin, à nouveau le balisage est faible. Je suis avec un solo et on hésite, on cherche… Encore de précieuses minutes de perdues. Je deviens fou et me dis qu’il va vraiment falloir se concentrer jusqu’au bout !

 

Petite remontée dans la végétation et mes supporters sont là. Et je continue direction St Pierre d’Entremont, qui sera le premier point intermédiaire. Je reconnais des portions de parcours que j’avais parcourues lors du Trail de l’Ours il y a quelques années !

 

e

Je commence à être un peu dans le dur, notamment parque j’ai du mal à manger. Mais la course est encore longue ! Encouragé par beaucoup de monde dans le village, je ne m’arrête pas au ravitaillement, me fais seulement pointer et je repars le plus vite possible à l’assaut de la montée suivante

 

g

D’ailleurs, je la connais plutôt bien cette montée sous la roche Veyrand, puisqu’il s’agit du début du chemin d’accès à la via ferrata que j’ai déjà faits de nombreuses fois.

C’est à ce moment là que je me fais doubler par la première équipe de 5, qui sont eux partis 1h après nous. Ils vont vite les bougres ! Mais ce sera finalement la seule équipe à me dépasser !

 

Pour ma part, même si je suis un peu dans le dur, je rattrape encore quelques solos, le 5e, puis le 4e. Je me dis que je ne dois pas être si lent que ça finalement, même si le ventre ne me laisse décidément pas tranquille !

 

f

Je me remets alors à courir sur les portions plus plates. Une petite pause technique salvatrice me permet de mieux relancer et me voici à Corbel, joli petit village perché entre la Roche Veyrand et les gorges du Frou

 

Je m’attendais maintenant à une longue descente jusqu’à St Christophe la Grotte, mais ce n’est pas du tout le cas. Ça ne descend jamais franchement, c’est plutôt technique entre cailloux et boue, ça tourne, et quelques points de vue sur les gorges me permettent de savoir que je ne suis pas encore en bas. De loin pas…

 

g2

Et après des kilomètres à tournicoter dans la forêt, voici le pas de la Chèvre et ses escaliers métalliques. Je descends alors la belle voie sarde que je n’avais jamais empruntée, passe devant le monument Charles Emmanuel et profite de la vue sur la plaine des Echelles

 

h

J’arrive alors près du point intermédiaire, bien encouragé par Yoan Dercourt et Stéphane Bacconier, et vers le ravitaillement, je retrouve Noémie et Steve, rejoints maintenant par Odile qui a terminé son parcours. Ils m’expliquent que j’avais 10 minutes d’avance sur la 2e équipe au dernier point intermédiaire. Les bidons remplis, je repars pour ce dernier relai, le plus difficile je pense

 

i

Après quelques kilomètres plus ou moins plats, je traverse la route, encouragé par l’équipe et également par mon père. Je me renseigne sur ce qui m’attend et c’est parti pour la montée, direction la Ruchère.

 

j

Je marche sur un bon rythme, j’ai retrouvé des forces. Et petit à petit, je me mets à croire à la victoire. Je souris à l’approche d’une zone de marche obligatoire… en pleine montée !

Enfin l’église de la Ruchère, puis un sentier et un bout de route pour rejoindre le ravitaillement. Je me force à courir, devant des amis venus spécialement pour me voir. C’est toujours agréable !

Au ravitaillement, Noémie m’annonce que j’avais 17 minutes d’avance au pied de la montée. « On va la gagner Steve, on va la gagner ! »

 

k

Les kilomètres qui suivent, je les connais très bien. Il s’agit d’une portion que j’avais courue l’an dernier, lors du grand duc, un genou en vrac…

Mais aujourd’hui, les mauvais souvenirs sont loin et je m’attaque à la montée du pas Dinay en pleine forme ! Arrivé au sommet, je me retourne, je ne vois personne. J’y crois !

 

Il ne reste maintenant plus que de la descente. 4km selon le panneau. De biens longs kilomètres en réalité ! J’essaye de maintenir un bon rythme, sans pour autant prendre trop de risque. Ce serait dommage de tout gâcher maintenant !

Je ne connais pas vraiment le parcours, et je me rends compte qu’on traverse la route pour descendre jusqu’au bord du Guiers, que l’on traverse sur une passerelle. Il va ensuite falloir remonter en face. Il doit rester 1km sur la route, je ne lâche rien. Steve et là et court maintenant à mes côtés. Puis les premiers spectateurs et l’arche. L’émotion m’envahit ! On l’a fait !

 

l

Une magnifique victoire, construite à 2, avec à la fin 45 minutes d’avance sur le 2e duo !

Beaucoup d’émotions, car cette victoire a lieu 15 ans après la victoire de mon Papa et de son ami Guy. A l’époque, j’avais couru les derniers mètres de course à ses côtés, bien loin d’imaginer qu’un jour je serais à sa place. Sûrement qu’à ce moment là, j’ai dû avoir un déclic ! Une belle aventure, une histoire de famille !

 

m

Merci Steve d’avoir été ce coéquipier de choc et merci à tous ceux qui m’ont encouragé sur le bord des sentiers

La prochaine, ce sera sûrement Sierre Zinal. Et là, ça va moins rigoler !

 

n

Publié dans Trail 2014

Commenter cet article