Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 10:17

Euh, déjà, désolé pour le retard!^^
Mais, je l'ai déjà dit, en course comme dans la Vie, j'Aime prendre (un peu!) le temps...

 

L'histoire de notre TransMartinique commence il y a à peu prés un an quand on a essayé de définir un programme concret et correct pour 2011...
On s'était dit que la Martinique serait une bien belle manière de cloturer l'année mais on a attendu un bout avant de s'inscrire, je crois qu'on a du faire ça en Mai ou Juin...

Et je crois que c'est après Andorre que nous avons décidé de faire course commune avec le Frérot!

 

Ensuite, bah, la saison s'est assez bien déroulée pour moi avec un corps qui a tenu le coup malgré tout ce que je lui ai imposé...

 

De ce fait, je ne vais quand même pas dire que je suis arrivé confiant en Martinique mais avec un mental au taquet pour tout donner et essayer de voir Sainte Anne...

 

La Martinique, déjà, fallait y aller!

Pour moi qui n'avait jamais pris l'avion...

 

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Fallait se tranquiliser à un moment donné!
C'est bien l'avion, ils te préparent déjà aux coutumes du pays où tu vas ;D

 

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De là, arrivé sur place, on avait tout de même quelques jours à tuer et en avons profité pour commencer à visiter et à faire les idiots, comme par exemple sous un ponton, dans un canoé!

 

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Mais, les choses sérieuses ont vite pointées le bout de leur nez...
Le mercredi soir, nous avons récupéré nos dossards, le jeudi, journée repos et le vendredi 0h15, réveil pour aller prendre le bus à Sainte Anne, ville d'arrivée

 

Bus qui nous a amené jusqu'à Grand Rivière, tout au Nord de l'Ile!
Petite traversée Nord Sud de nuit avant d'entamer le long retour par les sentiers...

 

Arrivé à Grand Rivière, nous déposons nos sacs d'assistance, déjeunons, faisons et refaisons nos lacets (surtout moi!!!), lisons les sms et messages d'encouragements! (merci les Parents et les Marseillais ;) )

 

L'heure de départ arrive bientôt et nous voilà embarqué dans une belle - et longue! - aventure avec Alex!

 

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Le peloton est lancé dans les rues de Grand Rivière!
Nous passons le long du Canal de la Dominique et repartons assez vite plein Sud dans le village!
Traverser un pont si près de l'océan, passant sur une super rivière tropicale entouré d'une végétation luxuriante mais décoré de décorations de Noël, y a pas comme un souci là?!?
Pour nous métropolitains, ça paraît vraiment bizarre!!!

 

Mais, bon, ici aussi, c'est le 9 Décembre et Noël arrive!

Donc, passage sur ce pont et, hop, on attaque dans le pentu!
Nous avons décidé de partir sans frontale, ces cinq petites minutes du départ sont les seules où l'on pourrait le regretter, et encore!

 

De là, on ressort sur une piste plus large et commence la montée vers la Montagne Pelée que je sais assez longue et surement éprouvante...

(9kms 1300m D+ tout de même...)

 

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Alternance de pistes larges dans des champs de bananiers et de canne à sucre
C'est juste sublime...

 

Puis, à force de grimper, on arrive dans... rien!
Le sommet s'est dessiné là haut, au milieu de la brume, et on avance à vue de balises en balises
C'est beau et super sauvage!

 

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Mais, par contre, ça monte franchement sur la fin!
Avec des marches, des trous, des passages très glissants, des cordes, tout quoi!!!

 

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Mais, le sommet est là plus vite que prévu!

Deux spectateurs nous encouragent à la demande d'Alex et, j'essaie de relancer!

 

J'essaie car, pour moi, une crête, c'est toujours le moment où je re-habitue mes jambes à l'effort de courir avant de les traumatiser dans la descente qui risque, immanquablement, de suivre!

Là, euh, comment dire, le chemin fait la largeur d'une de mes chaussures...

Puis, je n'ai jamais été à l'aise là dedans mais, sachant Alex derrière, j'essaie de pas trop trop lambiner...

 

Enfin, peu après, on bifurque à droite pour redescendre sur l'Aileron de la Pelée, au 11ème km!

La descente est rude...

Au départ, ça peut se courir sur un joli chemin puis, ensuite, alternance de dalles glissantes, de passages si pentus et humides que je me croirais plus en train de pratiquer le canyoning que le trail...

Mais, même à mon allure d'escargot, je me régale et, surtout, en prends plein les yeux!

 

Alex prend pas mal d'avance sur moi puis s'arrête pour pisser, filmer, s'occuper quoi!!!

 

Mais, la route arrive bientôt et on peut se permettre de relâcher un peu la foulée avant de prendre une piste un peu comme mes DFCI sur la droite où l'on peut continuer de dérouler dans les champs de bananiers...

 

Du coup, le ravitaillement du Domaine de la Vallée (15ème km) arrive assez rapidement!

Je me fais chambrer par un des bénévoles qui me propose d'appeler ma Mère pour lui dire que tout va bien!

(Il a lu les messages d'encouragement du matin!!!)

On refait le plein en discutant avec Pascal, un des organisateurs, puis, c'est reparti direction Morne Rouge!

 

Partie en béton et goudron un peu chiante avant d'attaquer la montée vers la Crête du Cournan qui se fait assez bien malgré un pourcentage correct de dénivelé...

Attention, ne pas confondre Cournan avec Crête du Courant ou du Coureur!!!
Car, là, on commence à comprendre ce qui nous attend vraiment pour les 25 (environ!) prochaines heures!!!

Racines, boue, végétation omniprésente, rien de très courable quoi...

 

Mais, c'est magnifique et même si on n'avance pas, on s'en prend plein les yeux!!!

 

La descente finit par arriver, le paysage est toujours sublime avec le soleil s'infiltrant parfois dans la végétation pour venir nous réchauffer un peu plus et éclairer notre chemin de magnifiques couleurs...
Mais, malgré ça, le rythme est toujours bien lent!

Je suis prudent désormais car je ne veux plus me blesser (ou au moins essayer!!!)

Alex file parfois un peu devant mais je sens que, même le Chamois qui sommeille en lui ne semble pas bien à l'aise sur ce terrain particulier...

 

En fond de vallon, nous traversons quelques gués, les premiers où l'on doit mouiller les pieds mais, ça nous les rince!

De là, on récupère un chemin le long d'un espèce de canal d'irrigation que l'on suit un moment en trottinant avant de rejoindre une piste qui nous mène au ravitaillement de Sainte Cécile (26ème km) où nous sommes, encore une fois, super bien accueillis!!!

 

Plein d'eau, tucs, bananes, coca, chocolat et en avant pour la montée sur le Morne Jacob

Même montée que précédemment, ça glisse, y a des marches, des racines, de la boue, des feuilles mouillées, tout ce qu'il faut pour passer une bonne journée ;D
Je n'ai d'ailleurs aucune idée de l'heure, il doit être bientôt midi...

 

Bref, ça grimpe, tant bien que mal et pas si lentement en fait car personne ne nous rattrape...

 

Très court passage en crête avant de plonger dans la Trace des Jésuites

Alex est assez loin devant car je me traîne pour rester prudent et commence à pas mal souffrir de la chaleur...
Mais, en arrivant sur un passage de cordes, je le vois en contrebas, le visage un poil crispé

Il m'explique qu'il a voulu descendre la pente dos au chemin mais qu'il s'est vite rendu compte que ce serait mieux face au bourbier, comme un rappel ;D, sauf qu'il s'est vrillé la cheville dans son demi-tour...

 

Il serre les dents, refuse toute médication et continue sa progression...

Moi, de derrière, je dis rien mais, ça me fait un peu chier pour lui...

 

On arrive au bas de la Trace des Jésuites et traversons la Rivière Lorrain...
De l'eau jusqu'aux genoux, super, c'est bon et frais!!!

 

Et, hop, on repart!

Toujours sur la Trace des Jésuites, nous entamons l'ascension vers le Morne du Lorrain!

Une sacrée montée d'environ 500m D+ (oui, 500m D+ et non pas 1000 ou 1300 comme d'habitude mais, dans des conditions - vraiment - beaucoup plus dures!)

Environ 100m avant le "sommet", se trouve le ravito de la RD1, la seule barrière horaire du parcours, à 16h30 (10h30 de course!)

 

Cette montée est la même que les précédentes, toujours aussi difficile mais belle!
Enfin, le temps s'est assombri et, avec une telle végétation, on voit plus grand chose!

 

Le ravito est bientôt là, encore le plein, encore ravitaillement en solide et en avant pour finir ce morne, l'avant dernier "sommet" de la série de 6 qui parsèment les 50 premiers kilomètres de course...

 

Après quelques derniers (gros) efforts, nous voici sur la crête!
Encore plus boueuse que les précédentes...

Si, c'est possible!

Les pieds qui restent plantés, 1minute pour faire 10mètres, la misère quoi!

Puis, des racines en plus, des arbres, de tout!!!

 

On attaque la descente dans la forêt de Morne des Olives et dépassons le panneau du 35ème km

Me revient en tête une note du Road-Book (Copilote Inside!!!):

"KM 35 - Descente délicate et technique"

Ah, merde, pour qu'ils prennent la peine de le préciser, c'est que ce doit être dur...

 

Je descends donc à l'arrêt, validant chaque appui, très concentré sur mes pieds

J'entends un léger bruit dans mon dos suivi d'un gros cri de souffrance

Le temps de me retourner, Alex est par terre, en larmes...

 

Une tentative infructueuse de se relever plus loin, je ne lui laisse plus le choix et lui file de quoi soulager un minimum ses douleurs...
On prend deux minutes et on essaie de repartir

Il sait que c'est fini

Je sais qu'il sait que c'est fini

Il sait que je sais qu'il sait que c'est fini

Je sais qu'il sait que je sais qu'il sait que c'est fini

Du coup, on ne dit rien, ni l'un ni l'autre...
Quelques coureurs nous doublent, l'un lui donne de l'Arnica en homéopathie, merci à lui!

 

J'essaie de me rappeler la suite du parcours mais c'est le trou...
J'appelle le PC Santé pour qu'ils le prennent en charge mais ils ont du mal à nous situer et je capte mal...

On avance encore un peu pour rejoindre une route!

Rappel du PC Santé qui, là, nous situe!

J'attends près de mon patient malgré lui qu'on vienne le prendre en charge!

Arrive ensuite un infirmier du CHU de Fort de France et Marie Jo, la responsable du PC Santé qui vont prendre la suite plus efficacement que moi!

 

Bon, bah, y a plus qu'à repartir maintenant que je le sais entre de bonnes mains...

 

Je quitte bientôt la route pour traverser la Rivière Blanche avant d'entamer la grimpette aux alentours de Coeur Bouliki...

Encore des marches mais moins de boue...

Coup de fil à ma Chérie puis à ma Mère qui essaient tant bien que mal de me réconforter

Ca fait mal de perdre le soutien (mais aussi la mise de pression ;D) d'Alex...

Je continue ma route seul, dents serrées et empêchant les larmes de monter vers cette dernière crête!

 

Effort récompensé!

 

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Vue sur la Mer des Caraïbes d'un côté

 

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Vue sur les terres et l'Océan Atlantique de l'autre côté...

 

Encore des passages super boueux, glissants et difficiles qui vont me mener à une descente ludique, tout en glisse, sur Saint Joseph

Là, je retrouve la civilisation, maintenant, je sais que je ne la requitterai à nouveau vraiment qu'après le passage au 100ème km (je suis au 45ème)

 

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La base vie est bientôt là, Alex m'attend devant avec un coureur rencontré dans le bus qui a dû abandonner aussi...

 

Ca a l'air d'aller mieux pour lui, il a été bien pris en charge!

 

Sachant que je fais désormais ma course seul, je prends le temps de me rincer les pieds avant de rentrer dans la base où je me douche, crème mes pieds au taquet, change de chaussettes, de chaussures, l'intégralité de ma tenue...
Je me soumets au contrôle médical obligatoire, me ravitaille un peu, oublie d'embarquer mon ravitaillement perso pour les 10heures à venir (pas grave, j'ai pas mangé grand chose de mes réserves avant!) et repars assez vite

Arrêt somme toute assez efficace!

 

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La suite, c'est une petite descente sur goudron puis béton pour quitter Saint Joseph!

 

Petite remontée ensuite pour traverser une route où m'attendent deux bénévoles

Je profite de leur présence pour m'arrêter deux minutes et passer en mode nuit!

Il n'est que 17h15-30 à peu près mais la nuit commence à tomber et je profite de parler avec ces signaleuses pour enfiler frontale et chasuble fluo!

 

Je repars ensuite tranquillement vers un énième passage de gué où je trempe mes nouvelles chaussettes et chaussures...
Le moment au sec n'aura duré que peu de temps...

 

Petite photo pour immortaliser les 12h de course, la suivante sera à 24h...

 

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Là, je n'ai plus beaucoup de souvenirs...

Simplement que j'ai partagé une bonne heure de mon parcours avec deux martiniquais et un métro qui travaille en Martinique...

Pas beaucoup de blablas mais, par contre, 10-15minutes de perdues dans une stupide erreur d'orientation dans une bananeraie...

 

La trace retrouvée, je pars, seul, me disant que je serais plus concentré ainsi...

 

Le Lamentin (59ème km) pointe le bout de son nez mais le parcours nous fait faire des tours et des détours pour l'atteindre!!!

 

Je commence à croire que j'ai des hallus quand je me rends compte que, non, je viens vraiment de passer à moins de 50cm d'une vache qui m'a suivi du regard!

Un peu plus loin, je croise deux veaux...

Pas serein quand même le gars et, à moitié dans le gaz!

 

Mais, voilà le Lamentin et son ravito!

Je refais le plein, prends à manger en réserve et essaie de me nettoyer les pieds...

Impossible, pas de tuyau et je n'arrive à rien améliorer avec mes mains...

 

Je repars donc direction le François les mains crottées :)

 

Parcours inintéressant pour rejoindre le prochain ravito passant par le Morne Pitault et le Chemin Lhuillet...

Passage par une bananeraie et un sous bois très humide et boueux pour rejoindre une route bétonnée puis goudronnée à assez fort dénivelé avant d'atteindre un point d'eau au 67ème km tenu par un local qui a dû aller se coucher (en même temps, il doit être 23h ou 0h...)

Je refais le plein, fini la montée, vraiment dans le gaz, et entame ma descente où je rattrape deux coureurs qui nous avaient doublé pendant la mésaventure d'Alex ou un poil avant...

"Mais, t'arrives encore à courir là dedans?"

Bah, perso, une descente bétonnée, mes genoux et mes quadris l'apprécient toujours un poil plus en me laissant aller du mieux que je peux...

 

J'entre dans le Bois Aubery avec un coureur en point de mire, bien que loin de moi!

Je rejoins ainsi la route puis, ensuite, le ravitaillement du François! (75ème km)

 

Alex s'est endormi dans la voiture sur le parking du ravito et je ne l'ai pas prévenu de mon arrivée

Du coup, on se rate, pas bien grave pour moi, plus pour lui qui a fait pas mal de bornes pour rien...

 

En ce qui concerne le ravito, c'est surement le pire du parcours avec pas mal de coureurs en petite forme et des bénévoles moins motivés que sur les autres points

Du coup, je refais le plein, embarque à manger et... un café!

Vu comment je suis dans le gaz, ça ne me fera pas de mal!

Surtout que la suite s'annonce rude avec le passage au Morne Acajou puis, surtout, la montée sur la Montagne du Vauclin...

 

Pas mal d'idées noires pour moi dans les rues du François d'où le Défi Bleu s'est élancé il y a 3-4heures...

J'appelle ma Loutre pour un peu de soutien mais finis par craquer, lui raconter de la merde, pleurer...

Je raccroche, ou elle, il vaut mieux...

Ses mots par la suite par sms me réconforteront

Ma cousine qui habite en Guadeloupe, juste à côté, m'envoie aussi pas mal de messages et je me raccroche à ça, aux paroles de mes parents quelques heures avant, au fait qu'Alex, lui, est blessé et, j'avance...

 

De toute façon, je peux pas abandonner, je suis en bon état physique malgré mes pieds pourris et une énorme envie de dormir!

J'ai pas le droit!

 

Je continue donc, me disant qu'à la base vie du Vauclin, je prends tout le temps nécessaire pour repartir dans de bonnes conditions!

 

Me voilà donc vers l'Habitation Clément, une des rhumeries très célèbres de Martinique

C'est presque effrayant de nuit avec les employés qui doivent faire des tests de haut-parleurs et de machines...

 

Je suis là en compagnie d'un Guadeloupéen, je crois, avec lequel on reste un bon bout de temps puis, en attaquant la montée sur le Morne Acajou, je le laisse partir, lassé...

Je m'arrête cinq minutes sous un lampadaire et en profite pour changer les piles de ma frontale...

Je continue, seul, sur une alternance de pistes, de routes goudronnées ou bétonnées, je me fais pas mal rattraper, ça fait mal au moral mais je n'ai plus rien comme jus...

 

La féminine qui s'inquiétait pour mes genoux plus tôt me dépasse puis je la rattrape, elle s'endort sur place...

Arrivé sur une espèce de crête, elle s'arrête pour se poser 5minutes puis repartira derrière moi, on ne se reverra que 35kms plus loin...

 

Moi, j'arrive au point d'eau de la ferme aux Coq(s?) (84ème km), qui marque le début du calvaire de la Montagne du Vauclin...

 

En arrivant sur cette fameuse montagne (culminant tout de même à 504m...), j'avais une vue complétement dégagée sur le "sommet" étoilé, mais, une fois juste au dessous, hop, un espèce de nuage de brouillard vient s'y accrocher et j'entame le fameux calvaire en ne voyant pas plus loin que 2-3m...

 

Mais, ça suffit!

Je m'explique, je regarde mes pieds, je les déplace vers le haut, ils glissent vers le bas!

Explication: la Montagne du Vauclin, c'est de la terre et de l'herbe

Et des croix, 13 de chaque côté, un vrai calvaire, au sens "chemin de croix" du terme!

Pas un seul caillou sur lequel prendre appui de ce côté là, rien...

 

Donc, je galère!

 

Ambiance fantomatique où, en arrivant sur les croix blanches, dont le nombre s'egrenne de I à XIII, tu vois plus d'empreintes digitales boueuses que de blancheur immaculé...

 

Je compte, je compte, j'essaie de fouiller le brouillard à la recherche de la prochaine croix, ma prochaine ancre vers un sommet que je ne pense jamais atteindre...

 

Croix numéro XIII...
C'est fini, crête, descente, base vie!

Non...

La crête est comme toutes les crêtes là bas, boueuse, racineuse et glissanteuse à souhait!

 

Je finis par m'en sortir et attaque la descente!

Ayant un peu tourné sur moi-même, je me dis, à la vue d'une croix XIII, que je vais refaire le parcours en descente!!!

Non, quand même pas!

Il s'agit d'un autre calvaire, montant à la même chapelle mais, sur la face Est de la Montagne (le premier était sur la North Face ;) )

 

Là, il y a quelques racines pour retenir mes glissades mais, je ne suis pas très serein et préfère descendre, majoritairement, sur les fesses!

 

Compte à rebours vers la croix I qui marque la fin du chemin de croix mais pas de mon calvaire!!!

 

Je pensais qu'arrivé en bas, je n'aurais qu'un petit km à me laisser glisser vers la base vie du Vauclin!

Que nenni!!!

 

Il s'agira, en fait, de 6kms de descentes bétonnées et traversées de champs de bananiers interminables pour finalement parvenir au stade du Vauclin par un dernier détour par la gauche...

 

J'y arrive exténué

Alex ne me dit rien, je sais pas trop quoi en penser

Il est 4h du matin, 22h de course, j'ai dépassé mon plus long temps en course sans m'en apercevoir...

Je passe sous une douche gelée, enchaîne par podologue et ostéo...

Apparemment, le corps va pas si mal

Mais, m'endormant sur la table de l'ostéo, je comprends qu'il faut que je dorme (ce que je sais depuis le Lamentin...)

Je m'accorde 15min d'une microsieste qui m'aura fait beaucoup de bien

A 5h, Alex me réveille et je repars pour les 41derniers kilomètres tout habillé de propre et les pieds au sec...

 

Dernière difficulté, la montée aux Eoliennes...

 

Environ 5minutes après mon départ de la base vie, gué boueux et, hop, les pieds pourris...

 

Pas grave, je continue de progresser et prends une petite photo à 6h du mat' pour immortaliser les 24h de course du bonhomme...

 

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Je grimpe un peu tranquillement et débouche sur un premier passage en balcon avec une vue merveilleuse sur un lever de soleil sublime...

 

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C'est par là que je commence à mesurer la chance que j'ai d'être là...

 

Je continue toujours à mon petit rythme et continue de grimper sous des éoliennes, m'offrant un nouveau point de vue sur le lever de soleil...

 

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Derrière, on redescend vers la Route Départementale qu'on traverse pour aller déboucher au ravito de Macabou, le 100ème km, point de départ du Trail des Caps

 

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Pour le rejoindre, une très très longue ligne droite se présente à moi

J'essaie d'allonger la foulée mais, impossible, mes pieds couverts d'ampoules me font trop souffrir...

Du coup, je marche vite dans une position assez ridicule...

 

Me voici au ravito où Alex m'attend avec le sourire, moi, j'ai plus de mal mais je suis content!

Troisième fois que je dépasse les 100kms en 2011!

J'aurai juste aimé partager ce lever de soleil avec lui...

 

Ravito rapide où Alex me fait le plein, tout comme au Vauclin, je mange un peu, reprend mes esprits, échange 3mots avec Pascal Brissard, l'orga, et repart!

 

Le prochain ravitaillement est dans 6km, au Cap Macré

 

S'ensuit un long passage magnifique au lever du jour, toujours, sur la plage...

 

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Quelques petits passages dans les terres mais beaucoup beaucoup de plage, c'est beau et je suis content d'être là, de savoir que, maintenant, sauf soucis, je ne peux que finir!!!

 

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Quelques coureurs au loin, que je rattraperai, il s'agit des derniers du Défi Bleu

 

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Et, peu avant le ravito de Cap Macré, une jolie forme dans les rochers qui me fait penser à Elle qui doit commencer à s'inquiéter pour moi...

 

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Voici le ravito où je ne m'arrête pas, je me contente de grignoter deux bouts de chocolat et de repartir vers le ravito de Cap Chevalier, annoncé seulement 4kms plus loin...

 

Je trempe un de mes buffs dans un cours d'eau croisé plus loin pour me rafraîchir et continue, encore et encore, d'avancer...

 

Je commence à souffrir de la chaleur qui arrive de plus en plus

Je ne sais plus quelle heure il est, calculant sans cesse l'heure en métropole et l'heure sur l'île, plus assez lucide pour effectuer une simple soustraction...

 

Le chemin alterne plage, passage dans les rochers, sur des petites traces surplombant la plage

J'en chie, j'ai mal aux pieds

J'envoie des messages, en lis, appelle un peu...

 

Alex, au bout d'un moment m'appelle car il s'inquiète, il n'a plus vu de coureur depuis plus de demi heure!

 

Au GPS, j'ai dépassé les 110kms où aurait dû se trouver le ravitaillement que je semble apercevoir dans la moindre anse, le moindre recoin

Je commence à me dire que j'ai loupé une pseudo bifurcation, que le balisage que je suis n'est pas le bon...

Je suis pas au top là...

 

Puis, finalement, je rentre complétement dans les terres et me dit que je me rapproche...

En effet, il me semble vaguement me souvenir qu'à un moment, la Trace des Caps, le tracé que nous suivons et qui a donné son nom au Trail partant de Macabou, rentre bien comme il faut dans les terres!

Et, là, au bout d'une route goudronnée, qui je vois, mon Alex qui m'attend

 

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Je monte au ravito (oui, en plus, ils nous font faire 2m de D+ pour y accéder!!!)

Alex me fais le plein, moi, je récupère mes esprits et essaie de voir avec les bénévoles si c'est normal que j'ai 112kms au compteur et pas 110!

"Bah, non, personne ne nous a dit qu'on était trop loin, on nous a juste dit que le ravito suivant était plus près que prévu"...

 

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Je repars en me disant que je vais galérer jusqu'au ravito suivant, à Anse Prune, 125ème km, le dernier ravito avant Sainte Anne et l'arrivée!!!

 

Le parcours se passe en majeure partie dans les terres, sans un brin d'air et sans le ressac agréable et frais des vagues...

 

J'entre alors dans la Baie des Anglais...

Plus jamais!

 

Un chemin inintéressant et en plein cagnard, pas un brin d'ombre, de la caillasse au départ, un peu de terrain souple après pour finir, à nouveau, dans un poil de boue et un passage sur des passerelles en bois, j'en peux plus, ça me gonfle et je veux en voir le bout!

Psychologiquement et physiquement, j'arrive presque à mes limites, des larmes me montent et, pour une des premières fois, je m'arrête en course, hors base vie ou ravito, juste pour me poser et reprendre mes esprits, seul, au milieu de rien!

 

Deux coureurs me rattraperont bientôt, la féminine qui s'endormait la veille et un homme qui semble très en forme...

 

Je n'arrive pas à suivre, trop mal, à tous les sens du terme...

 

Mais, voici bientôt l'anse Trabaud, que j'attends depuis plus d'une (ou deux!) heure(s)!

 

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Pendant ce temps là, Alex, lui, ne s'en fait pas, il se baigne près de la Pointe des Salines, l'une des plages les plus réputée de Martinique...

 

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Moi, je continue, avec encore plus de sable sur mes pieds que lui!!!

 

J'arrive bientôt en vue du Morne des Pétrifications, le dernier que j'ai à grimper, au moins 50m D+!!!

 

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Là, c'est pareil, je vois des coureurs au loin mais il s'agit de ceux qui viennent de me doubler et qui rattrapent les derniers du Défi Bleu!

 

Alex, pendant ce temps, vient me rejoindre un peu plus loin, vers la Savane des Pétrifications!

 

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Je trouve ça magnifique, bien que portant bien son nom!

D'ailleurs, je dépasse bientôt la Pointe d'Enfer...

 

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Alex m'appelle, je suis bientôt près de lui, au "Pont du Défi Bleu"!

J'explique...

Quelques rochers émergeant à peine de l'eau puis un joli pont en bois

En temps normal, je serai arrivé en courant, hop hop hop, trois bonds de cabris et, hop, sur le pont!

 

Là, c'est plus dur!

 

J'essaie d'étudier le terrain

 

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Tente d'abord par la gauche

 

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Puis, indécis et, malgré les conseils d'Alex, par ma droite!

 

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Finalement, je mets les pieds dans l'eau et arrive à mes fins!!!

 

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Moment assez ridicule duquel tout le monde peut profiter ici (on dit merci Alex!)

 

Je passe donc sur le pont encouragé par des bénévoles et rejoins péniblement, et en compagnie d'un Alex blessé allant plus vite que moi, le ravito du 125ème, Anse Prune

 

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Alex me fait le plein, moi, je meurs sur place et me laisse reprendre par un coureur qu'Alex me dit d'accrocher, impossible...

 

Je repars à fond pourtant, 5km/h GPS!

 

Mais, je sais que j'ai fini, ma place ne m'importe plus, je veux arriver à Sainte Anne et me baigner..

 

Du coup, je continue, encore et toujours!

On longe des plages paradisiaques qui, à cette heure (13h), commencent à être pleines de touristes...

 

Je ne vois plus grand chose moi
Le chemin, la ligne droite, les balises
Je sens mes pieds, de plus en plus; je me dis que vu la douleur, je dois avoir des ampoules énormes...

 

Mais, je persiste
Rattrapant des concurrents du Défi Bleu, encore

Des bords de plages, nous rentrons encore un peu dans les terres, vers l'Etang des Salines puis vers l'Anse Meunier, bien moins fréquentée...
Je m'attends maintenant à déboucher pour la dernière fois sur le goudron...

Ce qui ne manque pas d'arriver, en même temps que deux concurrents me rattrapent...
L'un de la TransMartinique, l'autre de la TransMartinique en relais, tout deux en mauvais état mais quand même bien plus rapides que moi!

 

Je ne cherche pas à accrocher et rattrape bientôt encore deux concurrentes du Défi Bleu dont l'une qui a dû encore plus chuter que moi vu l'état de son équipement...

 

On se tape une petite grimpette pour venir surplomber Sainte-Anne
Je vois le lieu d'arrivée où Alex m'attend déjà...
Il me reste moins de 2kms pour le rejoindre...

 

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Encore une fois, j'essaie de relancer mais, si je me suis "habitué" à la douleur en marchant, je n'arrive à me résoudre à la subir dix fois plus forte en trottinant...

 

Je reprends un coureur de la TransMartinique qui avance courbé sur ses batons, il m'explique qu'il s'est tordu les deux chevilles bien comme il faut vers le 50ème km...
Il me dit de continuer devant à ma faible allure, que, pour lui, finir dans cet état, même dernier, est le principal à ses yeux!

 

Je continue, tranquillement dans les rues de Sainte Anne, j'ai mal mais j'ai fini!

 

Les Saintannais nous regardent bizarrement, faut dire que voilà le spectacle que nous leur offrons...

 

Dernière montée puis, bifurcation à gauche et, avant de descendre des escaliers, un panneau: "500m"...

J'y suis!!!

 

Un peu plus loin, on tourne encore à gauche et, me voilà sur la route suivi dans la nuit de jeudi à vendredi pour aller garer la voiture et prendre le bus...

 

"100m"
J'en fais encore 80 en marchant, voyant Alex me faire les gros yeux et me gueuler de relancer...

Voici les 20derniers mètres, j'allonge la foulée sous l'annonce du speaker (que je n'ai pas entendu sur le moment...) et passe l'arche sous l'objectif d'Alex!

 

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C'est fini!

 

On le voit au sourire sur mon visage sur la photo, je suis vraiment très heureux...

Je tombe dans les bras d'Alex et essaie d'aller récupérer médaille et T-shirt finisher!

Je titube un peu, mes jambes ont du mal à me porter...

De là, direction la zone médicale où je peux me poser à l'ombre...

 

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Juste après la photo, je m'écroule...

Coup de fil à ma Mère et Julia, un peu honteux de les avoir au téléphone en larmes...

 

L'ostéopathe qui m'a massé au Vauclin me regarde et me dit

"Ca me fait plaisir de te voir déjà là! Et, ne t'inquiètes pas, ça fait toujours ça"...

Je suis bien placé pour le savoir!!!

 

De là, Alex m'aide à me déshabiller, je vais me rincer dans une mer plus que chaude mais je tremble rapidement et sors pour aller me doucher...

Ensuite, podologue, ostéopathe et retour vers notre gîte de l'Anse à l'Ane, à Trois Ilets...
Je m'endors déjà dans la voiture et sitôt posé sur le lit...

 

Le lendemain, je me réveille et réalise...
Je fête mes 24ans en Martinique et vient de finir la TransMartinique où il n'y a eu que 52% de finishers...

 

Alors, merci!
Merci déjà à Alex pour les kms partagés sur cette épreuve et ailleurs
Merci aux organisateurs et aux bénévoles qui ont fait de cet ultra une course merveilleuse de par un balisage, une organisation et un accueil sans failles...
Merci à Julia, mes parents et ma cousine pour leurs messages et appels réguliers qui, même si parfois tendus vu mon état de fatigue, m'auront fait un bien fou

Merci à tous ceux qui m'ont soutenu par la pensée, par un passage sur le suivi, par des messages mails ou Facebook lus après ou, surtout, par des sms qui m'ont encouragé tout le long de la course, à chaque moment où j'étais moins bien et sortais le portable pour me rassurer...

 

Merci, vraiment...

 

Je ne sais plus où j'ai lu ça la première fois mais, l'ultra, c'est assez peu dans le corps et beaucoup dans la tête
Grace à tout ce soutien, j'ai réussi à ne jamais m'arrêter, à aller au bout, alors, encore, merci!

 

Je reviens de là-bas avec des souvenirs de 15jours supers avec mon Frérot de coeur, même si j'ai vu l'arrivée de "notre" course seul...

 

Merci à Toi Gros...

 

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En guise de conclusion, une citation d'Into The Wild, certains comprendront...

"Happiness Only Real When Shared..."

 

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Par frères-fun - Publié dans : Trail 2011
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 16:36

Une course qui s’annonçait grandiose. Mais comment transformer une course qui avait tout pour plaire en un véritable enfer ? Suivez le guide !

 

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Le RDV est donné à St Anne, au Sud de l’île de la Martinique, à 2h du matin. Nous voici donc sur le lieu de l’arrivée, notre objectif !

Nous prenons le bus de l’organisation pour rejoindre Grand’Rivière, tout au Nord. Après environ 2h de bus et de multiples tentatives de sieste infructueuse, nous arrivons donc au départ de cette course. Nous laissons sur place notre sac d’assistance, que nous retrouverons en 2 points de la traversée. Petit déjeuner offert et l’attente commence, ponctuée par la lecture des messages sur le grand écran, les SMS et le contrôle des sacs

 

Pour nous métropolitain, nous associons toujours les fêtes de noël au froid et à la neige. Mais c’est aussi noël en Martinique et c’est donc au pied du sapin que nous faisons une dernière photo avant le départ de cette aventure… Un seul objectif : Franchir la ligne d’arrivée main dans la main avec Yorick ! Pour le chrono, on s’en fout un peu, mais une trentaine d’heure paraît être jouable

 

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A 6h, le départ est donné ! Nous commençons par un petit tour sur la plage avant de traverser le village, encouragé par de nombreux martiniquais. Puis nous quittons le bitume pour un petit sentier étroit qui s’élève...

Cela ne durera pas longtemps, car rapidement nous allons rejoindre des pistes et toute la première partie de la montée vers la montagne pelée se fera sur des pistes agricoles traversant champs de canne à sucre et d’autres cultures

 

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Le ciel est couvert, et c’est tant mieux car il fait déjà chaud. Nous prenons alors une mini averse mais ça ne durera pas

Yorick me parait en forme, c’est parfois lui qui relance sur les portions planes.

Nous entrons alors dans la forêt, mais pas la même que chez nous ! Non ! Ici il y a des fougères de 5m de haut, des arbres avec des feuilles de 3m de long (on pourrait en faire de joli marque page pour des gros livres – private joke)

 

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Nous ressortons de la forêt pour retrouver une petite clairière. La pente s’élève en même temps que la végétation se raréfie. Mais les sommets sont dans la brume et seul l’altimètre me permet de savoir où nous en sommes

 

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Plus nous avançons, plus la pente s’élève, plus le chemin se rétrécie. Il y a par endroit des marches d’1m à franchir, impossible sans y mettre les mains ! Certains passages sont équipés de cordes ce qui permet de se tracter un peu

 

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Tout ce qui nous entoure est fabuleux, surtout quand on n’a pas l’habitude de ce genre de paysages !

 

Puis le sommet est là, 1300m de dénivelé effectué et environ 9km. Moins de 2h de course pour effectuer la plus grosse ascension de la traversée

2 spectateurs sont venus là haut pour encourager les coureurs ! C’est sympa !

 

Nous allons maintenant pouvoir courir sur cette crête et attaquer la descente ! Erreur ! Le chemin qui borde le cratère est incourable ! Très étroit et entièrement masqué par la végétation, impossible de courir plus de 2 pas sans risquer la chute !

 

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Mais rapidement nous quittons cette crête pour commencer la descente. Plutôt technique ! On trouve de tout, du sentier, des escaliers mais surtout de grandes dalles bien glissantes dans lesquelles Yorick n’est pas très à l’aise, et surtout ne veut pas prendre de risque ! C’est vrai que la course est longue (en théorie…)

 

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Nous voici maintenant au refuge de l’Aileron. La suite de la descente est beaucoup plus roulante, la plupart du temps sur des pistes. Yorick et moi avons la forme, et profitons de cette portion pour courir, et même plutôt vite puisque nous doublons de nombreux coureurs. C’est agréable d’avancer vite et de se sentir bien

 

Le ravito du 15e km se présente alors à nous. Pascal, le kikoureur organisateur, nous encourage. Nous en profitons pour refaire le plein d’eau (ma poche est vide, donc tout pile 2L d’eau de bu. Mais mes bidons sont encore plein) et manger un peu (hummm les bananes martiniquaises)

Mais nous ne nous éternisons pas et reprenons rapidement notre route en direction du village de Morne Rouge

 

Après une portion légèrement vallonée, mais encore courable, nous attaquons alors la montée en direction de la crète du Cournant

Une belle montée bien difficile et bien humide. Plus on avance, plus on rentre dans la forêt tropicale et cette végétation dense et variée me laisse sans voix !

 

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Passé la difficulté de la montée, nous allons suivre la ligne de crête vallonée pendant quelques kilomètres. Si en regardant le profil nous pensions courir, c’est à nouveau impossible ! La pluie des dernières semaines a rendu le terrain particulièrement gras. Ajouter à cela quelques racines, et vous obtenez un chemin très très technique, avec parfois de la boue jusqu’au cheville et des chaussures qui voudraient rester dedans !

 

L’impression de ne pas avancer ! Des kilomètres qui ne défilent pas ! Le rythme est lent, mais pas plus que celui des autres puisque nous ne nous faisons pas doubler !

 

Mais enfin la descente se présente à nous. Une descente qui ressemble à la montée, c'est-à-dire qu’on ne peut pas non plus y courir ! Boue, marche, racines… Quelle technicité ! Quelques cordes sont parfois là pour nous aider à passer quelques pièges !

 

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Nous traversons alors quelques gués, histoire de laver les chaussures, puis nous retrouvons une portion le long d’un petit canal où nous pouvons courir !

 

Et nous voici au ravitaillement de St Cécile ! Nous sommes entre le 27e et le 28e kilomètre et cela fait plus de 5h que nous sommes partis !

 

A nouveau nous faisons le plein d’eau et nous mangeons solide, puis nous repartons en marchant au milieu des bananiers

 

C’est le Morne Jacob qui nous attends. Plus ou moins la même chose qu’avant, c'est-à-dire de la boue, des marches et des racines qui font que notre progression est toujours aussi lente ! Mais on avance ! Et c’est bien là l’essentiel !

 

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Après cette montée de 200m de dénivelé, commence la descente, à nouveau équipée de corde. Et c’est là que les problèmes vont commencer. En me retournant pour attraper la corde et descendre, je pose mal mon pied droit et me tord la cheville…Aye !

Je prends sur moi et continue d’avancer en marchant, puis, petit à petit, la douleur s’estompe et je continue ma course, presque comme si de rien n’était ! Après seulement une trentaine de kilomètres (mais presque 6 heures de course), ce serait dommage d’en rester là !

 

Arrivée en bas, nous traversons un gué de plus, et commence alors la montée vers le Morne Lorrain (d’où le nom de la bière locale, la Lorraine !)

 

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La montée est toujours dans le même esprit que les mornes précédents ! Je ne souffre pas trop de la chaleur. Un orage éclate d’ailleurs, mais la végétation luxuriante fait que nous ne sentirons même pas la pluie, protégée par la forêt !

 

A la moitié de la montée, nous croisons la RD1, synonyme de ravitaillement, et aussi de barrière horaire pour les derniers concurents. Pour nous, l’arrêt est bref, et nous continuons la montée… par une marche de 1m à franchir ! C’est sport ce trail !

 

Mais nous continuons notre (lente) progression vers le sommet. Une légère crête, puis commence la descente par la trace des Jésuites.

Toujours aussi technique, toujours autant de racines, toujours autant de boue. Encore des cordes et des glissades.

 

Mais, alors que je joue la prudence, c’est à nouveau ma cheville qui se tord ! Cette fois j’ai vraiment mal et j’hurle de douleur ! Je m’assois, et, je ne sais pas pourquoi, peut-être pour ne pas sentir la douleur à la cheville, je me mords le genou presque jusqu’au sang !

Je crois que j’ai compris que c’est la fin pour moi, même si je ne veux pas l’avouer. Yorick aussi a compris… Il ne dit rien, se contente de me donner quelques médicaments qu’il a sur lui. Un autre coureur me donnera de l’arnica. Je prends tout, en voulant croire au fond de moi que ça va passer.

 

Nous sommes au milieu de la forêt tropical, je ne peux pas rester là. Je dois continuer. Je me lève et marche, mais chaque pas me fait mal. Des larmes coulent sur mes joues, mélange de douleur et surtout prise de conscience que l’aventure va s’arrêter là. Yorick appelle pendant ce temps là le PC course pour prévenir du problème.

Je vais continuer comme ça environ 2km jusqu’à rejoindre enfin une route. Même si c’est synonyme d’abandon, c’est presque un soulagement, une délivrance. Yorick tiendra à rester à mes côtés jusqu’à l’arrivée des secours (Merci à Marie-Jo, la responsable, qui aura géré mon abandon jusqu’à la fin) avant de continuer sa course. Seul.

 

Voilà. L’aventure aura été courte, je vous avais prévenu. Moins de 40km… Il en restait plus de 95km…

Après avoir fait le nécessaire pour soigner au mieux cette entorse avec le staff médical, je me transformerai donc en assistant suiveur pour Yorick après avoir retrouvé ma voiture.

 

Cela dit, même si la course n’a pas eu la fin espérée, je la recommande ! L’organisation est au top (transport, douche, kiné/podo, transfert des sacs en plusieurs points…) et le parcours vaut le détour, surtout pour des non habitués à ces paysages comme nous !

 

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En tout cas je garderai en tête des vacances superbes dans un cadre qui fait rêver et qui donne envie d’y retourner…

La saison s’achève sur cet échec. En espérant que 2012 me réserve de meilleures surprises !

 

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Par frères-fun - Publié dans : Trail 2011
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 10:41

"Tu trouves pas que ça va trop vite?
- Boah... Ca tient, non?"

 

En général, mes entraînements avec mon pote Yannick sont souvent ponctués de ce genre d'interrogations...
On s'est donc dit qu'on pourrait voir ce que ça donnait en Duo ;D

Attention, on n'en est pas à notre coup d'essai en course ensemble!
On avait déjà partagé quelques kilomètres sur le Trail aux Etoiles en Mars mais, surtout, 120kms à l'UltraDraille fin Mai!

 

Puis, bon, je voulais faire un Duo avec une "pointure" et, là, je l'ai bien trouvé la pointure, il finit quand même l'UTMB en à peine 38h cette année le Monsieur!

 

Du coup, il y a environ deux mois de ça, nous voilà engagés...
Deux entraînements en commun plus loin, on commence à se demander si on va en revenir vivant de cette course!

 

Yannick vient donc me chercher vendredi soir 18h chez moi

(si quelqu'un a des pinces pour redémarrer ma Punto?!?^^)

Monsieur est au téléphone a discuter de son inscription à l'UTMB 2012...

 

DSCF0048

 

Le voyant déjà en tenue, je me change dans la voiture, non sans avoir préalablement pris une photo de ma truffe!

 

DSCF0049

 

Quoi?
L'air coquin du coureur qui va bouffer du buisson ce soir?

Non!

;D

 

Une petite heure de route plus loin à discuter de nos projets futurs et nous voilà à Castillon du Gard

Fais pas chaud mais quand même moins froid qu'en 2010...

 

Récupération des dossards, bonjour aux têtes connues puis on finit de s'équiper!

 

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Petit brieffing auquel on n'aura pas entendu grand chose dans le bordel ambiant puis départ donné à 20h05...

 

Ca part vite, y a pas à dire!
Ca embouteille aussi malgré que la piste soit large au départ...
On remonte gentiment tout en se suivant avec Yannick

Au détour du premier virage, de magnifiques mollets devant moi: Manu Gault!
Donc, je peux le dire, j'ai doublé Manu Gault ;D

Enfin, j'ai surtout doublé Sylvaine, pourtant plus rapide que moi mais pas habituée des trails!

On continue comme ça, à reprendre du monde sur cette piste-route toujours aussi large
Il me semble doubler le Duo Bianchetti-Roehrig, ce qui me fait gentiment halluciner vu leur niveau

 

"Yannick, ça va?"

Non, parce que moi, je pense que je vais bientôt exploser mais j'aimerais bien encore faire le malin jusqu'à la fin comme ça!!!

Apparemment, l'IADE est en forme et me colle au cul!

A l'abord du premier monotrace, le voilà devant moi
De là, impossible de doubler pendant un moment, c'est trop étroit!

De toute façon, vu le rythme imposé, moi, j'ai pas envie de doubler, ce qui n'est pas le cas des coureurs derrière moi!

Mais, au bout d'un moment, ça finit par s'étirer

De temps en temps, on entend des chutes derrière et on croise un duo arrêté au bord dont l'un des membres a l'air un peu abimé...

 

Nous, bizaremment, on tient encore sur nos pattes malgré le fait de ne pas vraiment valider nos appuis...

 

En fait, ce parcours, c'est comme l'Hivernatrail mais, en pire et de nuit!

En clair, ça virevolte dans tous les sens et la majorité des appuis sont découverts au dernier moment...

 

Ca ne nous empêche pas de vraiment nous régaler!

 

Petits passages sur des pistes plus larges où on se remet à même hauteur et relançons d'une même foulée, tant que faire se peut, pour s'isoler un peu

 

Plus du tout l'habitude de courir avec des gens autour, lui ou moi!

 

Passage au ravitaillement

"Tu veux t'arrêter?
- ...

(Passage devant le ravito)

- Bah, non, mais, tu m'as pas laissé le choix!"

 

On est encore sur une piste large puis on aborde un monotrace à droite où je relance encore, Yannick juste derrière

Je crois que c'est vers là qu'il tombe ou un peu avant mais sans trop de mal

("Y avait de l'herbe!" l'entends-je me dire!)

On se suit donc gentiment puis on débouche encore sur une piste où on essaie de se caler à un bon rythme

 

Puis, dernier monotrace où Yannick me prévient qu'il va aller à son rythme

Moi, j'ai envie de voir où j'en suis donc j'essaie d'allonger et y arrive un peu

Yannick n'est jamais très loin tout de même!

 

Voici la route, là où Laurence avait fini en quad l'an passé

Là, Yannick me rattrape et vas-y que ça relance encore

 

Enfin, attention, mes propos sont tout de même à nuancer!
Ca relance à la manière d'un habituel coureur de longues distances voire d'ultra, c'est à dire pas à la vitesse de lièvre de l'Otarie sur ses cross, faut pas croire!

 

Mais, on est quand même content de notre rythme et nous voilà bientôt dans la dernière ligne droite, main dans la main!

 

Et, hop, arrivée et tombage sur David Hallouin qui m'enléve mon dossard!
Dommage, j'aurai aimé le garder!

 

A l'arrivée, on retrouve Pierre Toussaint et Régis Chautard, les collégues qui ont gagnés l'an passé!

 

Mais, on pense surtout à aller faire la photo d'arrivée et à se changer!!!

 

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En arrivant à la voiture, un dernier "Allé!" à Jean-Phi et à Françoise Barrière qui en finissent, pour l'un avec une côte en vrac depuis six semaines, pour l'autre avec une cheville tordue mercredi...

 

Il est l'heure de constater les dégâts pour Yannick, au genou, et pour moi, mollet tailladé par un buisson fou de mon corps

(Oui Yannick, tu avais raison, même sans hallucination, je vois des choses folles!!!)

 

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Retour sur l'aire d'arrivée où l'on retrouve un peu tout le monde mais surtout Manu Gault qui a failli tuer Sylvaine en la faisant courir juste derrière lui attaché à une corde ;D
C'est bon, on te la volera pas!!!

En tout cas, vraiment content d'avoir pu papoter un peu avec vous deux!!!

 

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De là, on discute, on discute, on croise David Bianchetti, d'Endurance Shop Alès qui me donne des Buffs pour couvrir nos petites têtes à la Martinique avec Alex!
Merci beaucoup!!!

 

Puis, il est bientôt temps de rentrer à Montpellier et de discuter encore des courses à venir avec Yannick...

Qui tentera tout du long de me faire porter la responsabilité de la vitesse à laquelle on a couru tout du long!!!

 

Merci beaucoup à Toi Yannick pour cette belle soirée et à très vite mais, moins vite!

 

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La suite dans deux semaines avec Alex pour une course bien plus dure et longue...

Par frères-fun - Publié dans : Trail 2011
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 17:06

Pour la 3e fois en 4 ans, me voici à Yverdon-les-Bains pour le Cross Populaire du Nord Vaudois. Comme en 2008, Mathieu m’accompagne et ne cache pas son manque de motivation.

Quant à moi, après avoir refait pas mal de vitesse ces derniers temps, je suis prêt à en découdre et à battre mon record sur ce parcours presque inchangé

 

CPNV2011 9250

 

Après un bon petit échauffement, en reconnaissant le parcours, et en faisant les cons sur la plage au bord du lac, je pose la veste et me rend à 15h15 sur la ligne de départ

 

CPNV2011 9269

Pan !

Ça part vite, mais je fais le forcing sur la première partie qui est roulante pour me retrouver à l’avant de la course, et ainsi ne pas me faire coincer pour les parties en single tracks dans les bois

 

CPNV2011 9284


J’ai l’impression que ce premier tour n’est pas mené très rapidement puisque je suis toujours dans le groupe de tête, sans pour autant être dans le rouge !

Si les leaders changent, le rythme reste sensiblement le même dans le 2e tour. Mais je tiens toujours le groupe. Je me pose même des questions en me disant que c’est pas normal, que je vais craquer !

 

CPNV2011 9353


Au 3e tour, 2 coureurs accélèrent et s’échappent ! On ne les reverra plus ! Pour ma part, j’essaye de ne pas mener le petit groupe, surtout face au vent, pour garder un peu des forces.

 

CPNV2011 9377

Je commence alors le quatrième et dernier tour en tant que 3e potentiel, mais rapidement un coureur de la Chaux-de-Fonds accompagné d’un coureur de l’USY vont prendre le large, je ne les suivrai pas !

Plus le choix maintenant, il faut tout donner pour ce dernier tour ! Petit à petit ça explose, et on ne se retrouve plus que 3. Je prends les devants, mais ne parviens pas à m’échapper. Dernière ligne droite, le sprint est lancé ! Un des coureurs décroche un peu. Je donne tout (ça se voit sur les photos!), je prends quelques mètres de retard, je reviens mais j’échoue à quelques centimètres de la ligne !

 

CPNV2011 9411

 

CPNV2011 9413

 

Je suis content de ma 6e place scratch, et surtout de mon chrono ! 26m52s pour boucler les 7.3km du parcours, soit plus d’une minute de moins que mon record. J’avais des jambes de feu et je me suis bien amusé ! Si si, j’ai pris du plaisir sur un cross !

 

Maintenant il ne reste plus qu’une seule course pour 2011, et pas la moindre ! La TransMartinique avec Yorick sera vite là…

Par frères-fun - Publié dans : Trail 2011
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 14:38

"Un peu marre des Alpes et des chemins roulants que s'evertuent à nous faire courir les organisateurs
(Je pense revenir sur mes dires après les Aiguilles Rouges...)"
(Citation de moi-même dans mon CR d'Andorre)

Je savais donc ce que j'allais chercher du côté de Chamonix en cette fin Septembre...

En 2010, après ma CCC écourtée (décidément, elle revient dans tous les articles celle là!), j'avais eu l'occasion d'aller trottiner sur les sentiers des Aiguilles Rouges en compagnie d'Alex mais surtout de François, le Beau-Frère Fun, qui faisait la course avec son Frère

J'en étais revenu conquis et ayant déjà l'idée, dans un coin de la tête, d'y revenir bien vite!
Début 2011, l'apparition du nouveau parcours (oui, car le parcours change chaque année au TAR!) avait fini de me décider à prendre mon dossard!

 

Puis, c'était bien, ça tombait en plein dans mes congés!

 

Du coup, me voilà arrivant à Chamonix le vendredi après-midi avec déjà une semaine de congés derrière moi, plutôt bien remplie...

 

Mes copains coureurs Alex et Mathieu, accompagnés de la polyvalente Noémie m'y rejoignent le samedi pour un bon pique nique face au Mont Blanc et une après-midi dans le centre de Chamonix ou Amélie, la Soeur Fun et François (le maxi beauf' sur ce coup là vu qu'il a décidé de ne pas faire la course!) nous retrouvent

 

Le soir, c'est Pasta-Party entre nous et dodo tôt car le dimanche, réveil à 3h15
"J'ai beau être matinal, j'ai mal..."

 

Départ à 4h30, arrivée dans le sas à 4h15, c'est blindé...

Par contre, il fait bien plus chaud que la veille à 8h et, c'est pas plus mal!

 

TAR Yo01

 

Donc, après un bref blabla auquel je n'ai pas entendu grand chose, nous voilà lâché dans les rues de Cham' mais, bizarrement, au bout de la rue, on ne part pas à droite...
Ah, l'UTMB c'est en 2012?!?
D'accord...

Du coup, me voilà tout de même à me dire que les courses avec beaucoup de monde, c'est chiant...

Vas-y que ça joue des coudes de droite et de gauche pour passer et que ça te met des coups de batons plus ou moins involontairement...
Ma foi, dans ma tête, je suis déjà plus loin donc je n'y prête que peu attention...

 

Après une bonne partie de route, nous voilà à l'entrée de la piste de laquelle j'ai eu la chance de voir Manu Gault débouler un mois auparavant quelques minutes avant sa victoire sur la CCC

Ca monte et c'est toujours embouteillé...

Mais, la piste est large jusqu'à la Floria et, finalement, je peux progresser à mon rythme...
Bientôt, la Floria est là et me rappelle une belle sortie en Avril avec Alex...

De là, le sentier se rétrécit mais le peloton a eu le temps de s'étirer

 

J'avais oublié à quel point rejoindre la Flégére pouvait être dur par contre!
Mais, comme toujours, ça finit par se faire...
Petite bascule et, enfin, on bifurque du parcours de l'UTMB qu'on suivait plus ou moins jusqu'à présent à l'envers

 

Nous voilà engagés dans la montée vers le Lac Blanc et, là, ça va continuer à se durcir...

 

TAR Yo02

 

Fait finalement pas si chaud que ça en grimpant et je remonte mes manchettes que j'avais baissées en trottinant avant la Floria
Je discute vaguement avec le coureur me précédant

Lui aussi est venu pour bouffer du technique...

 

Je n'avais fait cette section que dans la neige et la montée en était d'autant facilitée...
Là, je galère un peu, surtout dans cette nuit qui n'offre que peu de repères...
Mais, finalement, voici les bénévoles qui nous pointent derrière un dernier ressaut!

 

En avance sur mes temps de passage, je m'apprête à entamer ma descente sur le col des Montets puis le village du Buet

 

La descente sur la Tête aux Vents est bien bien technique et emprunte même un passage par des échelles en descente, créant de petites files d'attente que de petits futés shuntent en passant par la droite ou la gauche
J'aurais bien aimé qu'un d'entre eux chute, ah ah (désolé...)

Passage à la Tête aux Vents sans même y faire gaffe et nous voilà à nouveau sur le "vrai" parcours de l'UTMB à l'envers
J'avais fait cette partie de jour la veille de la course fin Août et je m'étais vraiment régalé, surtout dans la partie finale plongeant sur le Col des Montets
Aujourd'hui, ce ne sera pas la même chose...

 

La partie plate se fait à un bon rythme et j'y prends pas mal de plaisir mais, à l'amorce de la "vraie" descente, revoilà les embouteillages avec des coureurs plus malins que les autres qui coupent à droite, à gauche, au milieu, vous frôlant de leurs piquants bâtons...

Enfin, de temps en temps j'arrive à allonger et m'en réjouit

Ca me permet d'arriver assez vite au Col des Montets et à la partie roulante jusqu'au Buet
Où j'arrive en ayant perdu un peu de l'avance que j'avais acquis en grimpant au Lac Blanc...

 

TAR Yo03

 

Rapide coucou à Noémie et à François et Amélie qui ont loupé Alex

(L'avait qu'à pas aller si vite le bougre!!!)

Je refais le niveau du sac et me voilà maintenant à l'assaut du Col de Salenton

 

TAR Yo04

 

Le jour se léve mais nous n'aurons pas la chance d'avoir la magnifique journée de la veille...

 

TAR Yo06

 

TAR Yo07

 

Le début de la montée est assez progressif et pourrait se faire en courant mais je préfère me préserver pour la suite que je sais longue et difficile...
Quelques paroles échangées avec les coureurs qui m'entourent

 

TAR Yo08

 

On arrive bientôt au Refuge de la Pierre à Bérard où de nombreux randonneurs nous encouragent mais nous sommes nombreux à avoir le visage assez fermé...

 

TAR Yo09

 

Un mur se dresse face à nous et c'est là haut, dans les nuages, que nous montons...

 

TAR Yo10

 

Le chemin va rapidement laisser sa place a un mélange de pierriers et de roches, dalles énormes...
La progression n'est pas évidente mais tout de même ludique
J'y trouve mon compte...
Le sommet ne daigne pas pointer le bout de son nez et ne se dévoile que bien tardivement, au même moment où, au sortir des ultimes dalles nous récupérons un espèce de sentier qui nous ménera au col baigné d'un peu de brouillard...

 

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Pointage par des bénévoles transis de froid, petit pipi en regardant le "vallon" qui m'attend et, d'une oreille traînante, morceau choisi d'un bénévole:

"Mais pourquoi demandent-ils toujours au plus frileux du PGHM de venir sécuriser ces courses!?!"

C'est vrai qu'il fait pas bien chaud et je décide de ne pas plus traîner et de redescendre un peu...

 

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La suite, c'est une belle descente dans de la caillasse avec le gros orteil gauche qui commence à être douloureux...
Depuis l'Ultra Draille qu'il me fait chier celui là!

Mais, ça se fait, comme toujours, et je rattrape même quelques rares coureurs!
Du pierrier, on récupére une espéce d'alpage plus ou moins en ligne de niveau...

J'ai un peu de mal à relancer

Le décor est sublime et vraiment sauvage, un peu à l'image de ce que j'avais pu découvrir sur les hauts plateaux de Chartreuse il y a 2ans en off avec Alex...

 

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Au bout d'un moment, je vois que ça va remonter, coup de cul reperé sur le profil comme étant juste avant le Refuge de Moede Anterne, deuxième ravitaillement

Au début de la montée, un coureur avec visière est arrêté et regarde vers les coureurs qui arrivent sur lui...
Me semble le reconnaître mais, ce n'est qu'à une vingtaine de mètres de lui que je vois qu'il s'agit de Pierre Toussaint, l'organisateur de l'Ultra Draille
Il souffre d'un truc viral et est plus blanc que jamais...
Il finira tout de même mais pas vraiment à sa place

 

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Après quelques mots échangés, je continue et, effectivement, suis bientôt au refuge où énormément de coureurs sont posés, à droite et à gauche
Moi, je m'attarde pas, je remplis et je me casse avec plein de trucs à grignoter dans la main!

La descente sur le Pont d'Arlevé est bien grasse, comme me l'avait annoncé mes copains les Barrière, habitués des lieux...
Je ne m'y régale pas vraiment vraiment car pas confiant dans mes appuis et mon gros orteil commence vraiment à me faire couiner...
Je reprends des coureurs, d'autres me reprennent, je n'en vois plus le bout de cette descente que je pensais plus courte!

 

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Puis, finalement me voilà en fond de vallon, à côté du pont!
Il y a là deux randonneurs ou bénévoles, je ne sais pas
Ils ont l'air sympas et un rocher à côté d'eux m'appelle à m'asseoir!

Je m'y pose donc pour... me déchausser!
Dans la descente, j'ai pas mal de saloperies qui sont rentrées dans mes chaussures et me font souffrir!
Enlever mes chaussettes, me nettoyer les pieds, nettoyer chaussettes et chaussures avant de les remettre est un régal!
Ca me fait perdre au moins dix places mais, peu importe!

Je repars donc tout neuf sous les encouragements des deux personnes avec qui j'ai papoté pendant les cinq minutes de mon arrêt!
Ca fait plaisir!
La dernière montée se présente à moi, encore 1000m de D+ pour aller rejoindre le Brévent...

 

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Dans cette montée, j'aurais l'occasion de parler avec plusieurs coureurs qui finiront tous par me distancer...
J'avance pas vraiment mais, bizarrement, arrivé au sommet, j'aurai encore gagné 4 places depuis Moede Anterne...

 

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Le paysage est vraiment sublime et très sauvage...
Rien à voir pourtant avec les Pyrénées découvertes à Andorre

Le chemin se fait de plus en plus raide avec des surprises parfois

 

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Des lacets souvent

 

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Et, bientôt, on rejoint le monde minéral, qui me semble typique du passage au delà des 2000m...

 

C'est vraiment magnifique, malgré le temps, j'en prends plein les yeux...

 

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On aperçoit bientôt le col du Brévent et le Mont-Blanc derrière

Et, sur notre gauche, quelques bouquetins qui doivent bien se demander ce qu'on fout là...

 

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Là, mauvaise surprise, du col, le sommet du Brévent est encore annoncé à 45minutes...

 

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Enfin, je suis avec un petit groupe qui se suit de loin en loin et l'ambiance, même si peu de mots sont échangés, est bonne...

 

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Nous voilà aux Echelles, celles dont j'entendais parler depuis quelques temps déjà!

 

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Forcément, un photographe est là!

 

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Le passage n'est pas forcément évident et les coureurs commencent vraiment à être marqués...

Juste au dessus, c'est une piste large qui va nous mener au ravitaillement!
On croise quelques coureurs qui repartent vers l'Aiguillette des houches, le parcours croisant un tout petit peu!


Encore un passage express au ravito et c'est reparti dans la descente!
Je sais de suite que je vais en chier car le terrain est parsemé de dalles ni trop grosses ni pas assez et que je ne sais pas comment y assurer un appui correct...

 

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Mais, elles font bientôt places à des monotraces un poil plus roulants puis on passe au travers de magnifiques alpages...
Les randonneurs commencent à se faire plus nombreux!

 

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L'Aiguillette des Houches finit par pointer le bout de son nez mais, j'ai effectué un partiel entre le Brévent et l'Aiguillette beaucoup plus long que prévu...

 

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Là, le bénévole qui me pointe m'annonce: "Allé, plus que 7kms!"
Oui, mais, 1600m D-...

 

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La suite est, comme prévu, un enfer!
Déjà, j'ai le vertige et, la petite crête que nous suivons me fait un peu peur!^^
Mais, que c'est beau!
On finit par récupérer un sous bois et je suis moins effrayé!
Par contre, je n'arrive pas à dérouler et mon orteil bute sans cesse contre le fond de ma chaussure, aïe!

Quelques passages me permettent de me remettre et, quand j'ai trop mal, je m'arrête pour ramener mon pied à l'arrière du chaussant...
Je double un coureur, puis deux puis me fait reprendre, double à nouveau...

J'attendais cette descente depuis quelques temps, en me disant que c'était là que je ferais la différence, moi qui apprécie tant ce type de single là...
Mais, là, je subis!

Mais, le pire n'est pas encore fait!

 

Du monotrace, on finit par prendre des chemins plus larges qui, je pense (si quelqu'un peut confirmer ou infirmer mes dires!!!), servent à descendre les troncs d'arbres

En clair, des "pistes" assez larges mais surtout très pentues!
C'est simple, je regarde mon GPS toutes les 3-4 minutes et je perds 100m D- à chaque fois!

 

C'est là que j'arrive à reprendre un ou deux coureurs qui semblent encore plus en chier que moi!

 

Faut dire que j'ai mis la douleur de côté!
Des larmes me montent mais j'essaie de laisser parler mes jambes car, en me retenant, c'est pire!

Je me surprends à demander à des bénévoles, à un croisement de route, s'il ne reste que de l'asphalte!
Bah, non!
Dommage!
Oui, dommage, car, sur la route, j'ai pas mal et j'arrive à "bien" relancer, enfin, à mon niveau!

Mais, me voilà bientôt dans le dernier chemin qui débouche, encore, sur des bénévoles qui m'annoncent, là, qu'il ne reste que du bitume!

 

Petit coup d'oeil à la montre qui m'annonce déjà 52kms...

 

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J'entends le speaker plus très loin et voit pas mal de gens, des coureurs qui ont bouclés aussi
Bientôt l'entrée dans l'espéce de parc d'arrivée et Amélie, François, Alex et Noémie!

Et, Alex me tend une bière!
Merde, elle est fermée!

Pas grave, je fais semblant!

 

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Et, hop, arrivée!

 

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La suite, c'est essayer de récupérer!
Une fin de journée sympa à attendre les copains qui ont tous finis et à parler deux minutes avec Dawa Sherpa, toujours un exemple pour nous tous!

 

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Très belle course, excellente orga, paysages plus que sublimes, à refaire...

 

Merci à Amélie, Noémie et François pour le soutien sur le parcours, à Elodie, Olivier, Yannick, les Denis et Tom pour le soutien électronique ainsi qu'à mes parents et à Julia qui n'ont pas fini de s'en faire pour moi!^^

Bravo à Alex pour sa magnifique place et son très beau (et rapide!) récit et à Mathieu, pour avoir battu son GPS en s'étant déchargé plus vite que lui!

 

La saison 2011 n'est pas encore finie...
Un petit duo nocturne comme je les aime m'attend encore et, surtout, la Martinique commence à se faire sentir et craindre...

Vivement!

Par frères-fun - Publié dans : Trail 2011
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